Affichage des articles dont le libellé est Nostalgie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nostalgie. Afficher tous les articles

mercredi 3 septembre 2014

La Rentrée Enchantée.


Bon, benh voilà, cette fois ça y’est. C’est vraiment la rentrée… Celle que je t’annonçais déjà la semaine passée tant tellement je reste en avance sur mon temps et toujours à la pointe.

Oh, j’en vois et non des moindres qui maugréent dans leur coin en ressassant comme quoi, Eux, ça fait maintenant un bail qu’ils ont retrouvé le chemin du turbin. Mais que veux-tu Lulu, la seule rentrée qui compte, celle qui fait causer les journaleux, c’est celle de nos chères têtes blondes comme on dit puis, y compris dans les écoles de banlieue où la mode serait plutôt au Brun Frisoté si j’en crois ce que disent les chantres du remake des invasions barbares qui… Mais bref…

La rentrée des classes ! Tu t’en souviens Lucien ? Quand nous portions encore des culotes courtes et du mercurochrome sur nos genoux écorchés ? Attention, je te parle de la Vraie, rentrée des classes… Celle de quand on était matru… Celle de nos 10 ans par exemple… Celle qui nous voyait prendre encore le chemin bucolique de l’Ecole Communale dans les frimas du petit matin quand le soleil irisait d’or les blés qui dansaient dans la brise matinale…
Quoi ? Tu dis ? T’habitais en Ville ? Et alors ? Moi aussi si tu veux tout savoir mais ce n’est pas une raison… Imagine. Rêve un peu… Si tu en es capables… Oublie un instant que les tours environnantes auraient sans doute caché le soleil qui n’était de toutes façons qu’un halo blafard derrière les volutes de particules nocives qu’exhalaient les pots d’échappement des véhicules venus en cohorte larguer les mômes devant l’Ecole… Tout devant d’ailleurs… Dans la cours même… Voire jusque dans la Salle de Classe qu’elles iraient déposer leur progéniture si elles le pouvaient…et sans sortir de la bagnole si possible… Pas risquer de ruiner leur permanent par la faute de cette brise que je te disais plus haut…
Parce que ce sont souvent les Elles qui emmènent les marmots à l’Ecole pendant que les Ils font semblant d’être pressés d’aller pointer tant tellement ils sont indispensables au bon fonctionnement de leur boite et que tu comprends chérie mais j’ai réunion à huit heure avec la machine à café et… Mais c’est une autre histoire…

Alors bon, l’Urbanisation galopante étant ce qu’elle est, il y a effectivement de fortes chances pour que tu ais été un citadin… D’ailleurs, eusses-tu été vraiment de la campagne que tu n’aurais pas manqué de me faire remarquer que, au mois de septembre, les blés ne risquent pas de danser dans la brise ni la bise, ni aucun autre vent  qu’il fût marauds ou bien fripon… Etant entendu que lesdits blés sont depuis longtemps en gerbe quand sonne l’heure de reprendre les cours…
Mais qu’importe si le chemin qui nous menait à l’école sentait plus le gazoil que l’herbe fraiche… D’ailleurs entre nous, la Campagne c’est un peu surfait… Hein ? Entre nous ? Et je ne te parle même pas de toutes ces adventices allergènes qui te font un enfer pour peu que t’y sois un peu sensible comme un certain ami que je connaissais, parti depuis sans laisser d’adresse…Le Bougre… Fatale Ambroisie… 
M’enfin, qu’importe le chemin, l’excitation était la même qui nous faisait presser le pas vers ce grand portail pas encore ouvert… Et on se dépêchait d’autant plus que… N’était-ce pas David et Yohann qui me faisaient de grands signes pour me saluer… Et j’avais tellement de choses à leur raconter sur ces deux mois d’été…
Deux mois… Deux mois qui en paraissaient dix à cette époque bénie de mes dix ans où le temps était ce long fleuve tranquille au cour indolent et non pas le torrent impétueux au débit de plus en plus rapide à mesure que l’âge avance…
Et l’année scolaire qui s’annonçait me semblait devoir durer toujours…

Cela faisait d’ailleurs une semaine que je m’y préparais… Que l’ON m’y préparait devrais-je plutôt écrire… Parce qu’à l’époque déjà les médias tiraient à la ligne sur le sujet… Sans doute pas autant que maintenant, mais quand même… Sans parler des Grandes Surfaces et autres lieux de grande consommation qui, depuis un bon mois déjà, présentaient toute une théorie de cahiers, agendas, stylos à nos yeux ébahis…
Tout était déjà bon pour nous faire raquer… Mais on s’en foutait un peu vu que c’était les parents qui allongeaient… Parce que entre les desiderata des Instits et les techniques de marketings avancées des fabricants… Y’avait de quoi faire…
Tout commençait par la liste, ou plutôt La Liste, avec les majuscules qui vont bien pour bien te montrer à quel point elle était tout, la sacro-sainte liste… Là, l’Instituteur détaillait tout ce dont tu aurais besoin pour suivre une scolarité normale ou tout au moins selon la conception qu’il en avait… Perso, j’ai toujours trouvé que cette liste illustrait la personnalité de son auteur… Elle me donnait alors un avant-goût de ce qui m’attendait…
Que le Maitre se soit contenté de préciser qu’il me faudrait 5 cahiers, 2 pochettes de feuilles à dessins, un compas… sans plus de fioritures ni autres précisions péremptoires, et je pouvais espérer une année plutôt guillerette, le plaisir d’apprendre tout en jouissant de quelques libertés…
Qu’au contraire il me somme d’avoir 1 Cahier Grand Format de couleur Verte à Grands Carreaux et simple Marge, 1 Cahier Moyen Format Bleu ou Rouge à Petits Carreaux, 2 Pochettes de papiers canson, une de 80gr et l’autre de 120gr, 3 crayons HB, cinq stylos (2 bleus, 1 rouge, 1 noir, 1 vert)…etc… Et je n’avais plus qu’à me préparer à une année d’enfer avec un psychopathe qui ne me laisserait pas passer la moindre fantaisie et encore moins celle que je mettais parfois dans mon orthographe…  

La Liste donc… Celle que je tenais à la main en marchant derrière le charriot que poussait ma mère dans les allées du Casing’. Là, fallait la jouer fine… Etre un bon stratège… Lâcher sur les cahiers et les stabilos, pour pouvoir négocier le sac à dos en toile GI et l’Agenda siglé AC/DC… Manque de bol, même si le bon rock graisseux avait le vent en poupe à cette époque bénite d’avant la Daube FM, il n’était pas encore arrivé aux oreilles des pontes de Clairefontaine et consort. J’ai dû me contenter d’un Agenda Harley Davidson… Mais c’était déjà pas mal et comme j’avais déjà pu me faire payer un Tee-Shirt Iron Maiden sur un marché pendant les vacances…

En parlant de Tee-Shirt… La tenue de la rentrée ! Ça aussi, c’était toute une histoire… Parce qu’il fallait du neuf, bien entendu… Déjà, j’avais grandi pendant les vacances… et puis bon… Faire sa rentrée avec les mêmes fringues que l’année d’avant… Plutôt mourir…  
Là aussi, il pouvait y avoir comme un léger décalage entre les goûts maternels et les miens. Faut dire que toutes les mères ont quand même bien tendance à ne pas vouloir nous voir grandir et à nous envisager en bermuda-salopette, chemise blanche et socquettes jusqu’à des âges avancés… 
Mais pas de ça lisette… Ok, j’acceptais, un rien contraint, d’oublier le tee-shirt sans manches et le pantalon moule-burnes… Mais, je ne lâchais pas sur le jean et les baskets… Et le blouson… Bon… Le cuir, fallait pas rêver… Et puis un Cuir… Quand tu n’as pas de moto… Bref… Mais je réussissais toujours à récupérer un truc un peu moins dans la norme… Comme cette veste de grosse toile verte un rien militaire, que j’avais harmonieusement décorée de Patches et autres inscriptions cryptiques, dont celle appelant pour le trépas de certains bovidés à képi, que j’avais eu quand même la présence d’esprit d’inscrire en caractères suffisamment petits pour ne pas encourir l’ire paternel…

Et ainsi, les fournitures acquises et la garde-robe dument renouvelée, je me sentais prêt… Prêt à sauter du lit dès que le réveil aurait entonné son chant matinal… Prêt à reprendre le chemin de l’Ecole pour une nouvelle année… Une qui coulerait comme de l’eau jusqu’au prochain été… Un été qui serait le dernier avant l’entrée au collège… Le dernier de la vraie enfance qui s’enfuit déjà… Et ce putain de temps qui n’en finit plus de couler dans le grand sablier… De plus en plus vite… 

jeudi 19 septembre 2013

La fin des Haricots.


Bonjour ami lecteur. Septembre s’étire avec lenteur, à petits pas il nous amène vers les rives de l’automne naissant. Le petit pas du promeneur qui flâne sans but ni raison, sur les chemins, en rêvassant.
Ne trouves-tu pas que les langueurs de Septembre résonnent comme les sanglots longs d’une mélopée nostalgique ? Un interlude léger entre deux mouvements de la symphonie de la vie.
Septembre est un pont entre les fleurs fraiches de l’été qui se fanent et les éclats de pourpre et d’or qui iriseront bientôt nos villes et nos campagnes. Un instant où l’on pourrait presque voir le temps suspendre son vol infini.

Et la nostalgie donc. Délicate alchimie qui change les jours défunts en souvenirs qu’on commémore sans fleur ni couronne. Pas de regrets éternels ici. La nostalgie est une fête, la célébration d’un passé qui, pour être révolu n’en fut pas moins heureux.
Moi, tu me connais : toujours joyeux, gai, primesautier, peu de soucis, pas de chagrins. Je coule ma douce existence sur les rives de mon lac enchanté sans trop songer au lendemain.
Trop occupé à vivre le jour présent dans la quiétude de mes terres vaudoises. Mon cher foyer. Les bras de ma douce et les rires des enfants que le temps emporte parfois avec lui mais pour mieux nous les ramener. Quelques bons amis, même si point trop n’en faut, et quelques savoureux nectars pour les agapes idoines…
Savourer, gouter avec délice aux petites joies quotidiennes, en apprécier chaque seconde qui s’égrène dans le grand sablier… et se forger les souvenirs de demain.
Car le présent est fugace, c’est un éphémère qui nait, vit et meurt dans la même seconde. Tellement ténu qu’il serait presque immatériel. Il est comme l’eau vive coulant entre nos doigts, il s’enfuit déjà, il s’échappe, il n’est plus. Ou plutôt, il n’est plus qu’un souvenir. Une image. Une icône. Et la nostalgie n’est autre que le conservateur averti de notre petit musée personnel. Elle arrange, elle ordonne, elle nous présente ces œuvres qui furent les nôtres : les souvenirs présents de nos heures passées.

Le long fleuve tranquille du temps s’écoule inexorablement et nous entraine vers cet estuaire que l’on espère lointain. Le grand océan du vide. La fin.
Oh, les rives sont belles et la croisière plaisante. A chaque instant. Chaque seconde. Milles petits bonheurs à vivre entre les écluses qui parsèment le parcours. Tous ces gens que tu croises et qui te font signe depuis les chemins de halage.
Et ce courant toujours plus fort qui t’emporte. Tu as beau hisser-haut les focs et les trinquettes, courir dans les haubans, tirer des bords et louvoyer, tu ne peux pas lutter. Le vent te pousse vers le grand large. Alors plutôt que de te démener en vain, plutôt que de passer de bâbord en tribord et de tirer sur les drisses à t’en bruler les mains. Laisse béton.
Contente-toi de tenir la barre pour que ton vaisseau file droit et évite les récifs scélérats qui affleurent de-ci de-là. Les yeux fixés sur l’horizon dis-toi que le meilleur reste à venir.
Et pour mieux t’en convaincre revis les jours enfuis. Repense à toutes ces belles choses qui te sont arrivées. Ce que tu as vécu et que tu peux vivre encore.
La Nostalgie est ton compas, ta boussole. Elle te rappelle la direction, celle qui te mènera à bon port, l’inexorable havre, sans que tu ne t’égares en chemin.

Car là est bien l’important. Puisque la destination est connue, puisque tout voyage à son terminus, alors seules importent les escales. Quelles soient nombreuses, belles, fastueuses, joyeuses. Et que chacune forge un souvenir impérissable pour que tu puisses la revivre sans fin et ainsi atteindre un bout d’éternité.
La nostalgie est un élixir de jouvence. La source pure conférant l’immortalité à celui qui sait s’y abreuver avec raison. Elle est d’utilité publique. Elle devrait être remboursée par la Lamal s’il elle avait quelque valeur pécuniaire.
Mais elle ne coute rien que le petit effort de s’y abandonner.

Et si le temps coure. Si chaque jour qui passe fait du futur d’hier le passé de demain. Si chacun de tes pas te rapproche de ton dernier, de l’ultime avant le grand saut. Après tout qu’importe.
La nostalgie est là pour, le temps d’une rêverie, inverser le cours du temps.

lundi 29 juillet 2013

Juillet me fait bailler !

Bonjour ami lecteur, que tu me lises depuis ton salon, ton bureau ou sur la plage avec ta tablette ou ton SmartPhone ou n’importe lequel de ces nouveaux bidules technologiques qui te permettent de rester branché où que tu sois…
Tu as vu ? L’été est là ! Soleil à tous les étages… et de plus en plus chaud. Le joli mois de Juillet ! Enfin je dis « joli », mais pas plus qu’un autre… Hein. Parce que si on y pense… Juillet… Il a quoi de particulier ce mois ?

Alors certes, il fut un temps lointain, le temps de l’enfance et de sa joyeuse insouciance, où Juillet marquait le vrai début de ces longues vacances d’été… Un vent de liberté qui nous emportait au sortir de l’Ecole… « Vive les Vacances ! », chantions-nous alors, poussant l’irrévérence jusqu’à envisager un autodafé dont nos maitres seraient les premières victimes expiatoires… Je tiens à préciser que jamais instituteur ne fut victime de ces élans rebelles qui restèrent pour toujours à l’état de rimes dans une chanson d’enfant.
Mais voilà, la cloche avait sonné une dernière fois et nous nous émancipions pour un temps des contraintes relatives de notre scolarité. Le cartable négligemment abandonné dans un coin de nos chambres et nos cahiers voués à n’être plus que des reliques amoureusement conservées par nos chères mamans en témoignage de notre enfance qui s’enfuyait déjà sans que nous nous en rendions compte.
Plus de deux mois devant nous ! Deux mois à meubler. C’est long deux mois… Héritage d’un passé révolu où il fallait bien libérer les élèves pour qu’ils puissent participer aux travaux des champs…
Ma mémoire est cette chose étrange qui façonne les faits, les arrange, les polit… Elle brode le fil de mes souvenirs en des canevas bucoliques où l’été s’étire sous un soleil perpétuel. D’aussi loin que je me souvienne, il n’y eut pas de jours de pluie lors des étés de mon enfance.
Et chaque journée se succédait, pareil à la précédente, semblable à celle qui suivrait. Des journées de petits riens, de petits bonheurs simples… De jeux d’enfant qui rêvent encore qu’ils sont des Indiens galopant dans les plaines d’un Far West Made in Désert de Tabernas, des bandits en cavale ou des Pirates voguant sur des Océans imaginaires dans le claquement sec d’un Jolly Roger flottant au vent… C’était vraiment bien l’enfance…

Puis vint le temps de l’adolescence et l’été prenait une toute autre saveur… Celle des baisers sucrés des amours de vacances… Celles des premières virées entre potes aussi… Les journées avaient enfin 24 heures et Juillet se vivait aussi la nuit. Un vent de liberté qui nous emportait au sortir de l’enfance… Le temps où l’on franchi les premiers interdits… Le temps des découvertes…
Un temps où on guettait la moindre velléité d’absence de nos parents respectifs pour organiser quelques fêtes improvisées à l’abri des regards indiscrets…
Et la bande son de ces années-là ! D’aussi loin que je me souvienne, il n’y eut pas de jours sans musique durant ces étés de la seconde moitié des années 80. Alors, bien sûr, les riffs rock’n’rolliens accompagnaient mes journées même en hivers mais lorsque, en bon ringard nostalgique, il m’arrive de me passer un petit Skid Row, un petit Guns, un petit White Lion… et que je ferme les yeux… Ce sont des images d’été qui me reviennent en mémoire… Les étés de ma prime jeunesse… 
Et chaque soirée se succédait comme si elle devait ne pas avoir de lendemain pour payer nos excès et se promettre qu’on ne boira plus...
Des soirées de petits riens, de bonheurs simples… D’ados qui se rêvent en hommes forts et libres dans les yeux de leurs potes ou de leurs petites amies d’un soir ou d’un été… C’était vraiment bien aussi l’adolescence…

Puis il y les étés de maintenant, où Juillet n’est plus que la dernière ligne droite avant quelques malheureux jours de vacances bien mérités… Un vent de liberté encore trop loin pour m’emporter au sortir de l’usine… Enfin… Au sortir du bureau…
Juillet a perdu sa magie depuis que je prends mes vacances en Aout… Il est redevenu un mois comme un autre. Il n’en est pas désagréable pour autant… Note bien… Simplement il ne se distingue plus de ses petits camarades… Il s’est rangé des bécanes… Il est rentré dans le rang après ses années de rebellions… Juillet est mort. Il a été récupéré. Récupéré par les suppôts du Grand Capital Américain qui me font suer sang et eau pour un salaire de misère… Et que même si ce n’est pas vrai, ça me fait marrer de l’écrire…

Bref, tu l’as compris, Juillet m’ennuie. Vivement qu’il se termine. Comment ? Qu’est-ce que tu dis ? C’est comme si c’était fait, Juillet n’est déjà presque plus et point n’était besoin d’en faire un article… Benh tiens.