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jeudi 4 juillet 2013

Bruce Tout Puissant !


Bonjour ami lecteur. Bon, comme tu le sais sans doute, si tu suis mes inénarrables aventures que je te narre quand même, le gars Ytse avait la chance, l’honneur et l’avantage d’assister au Concert que l’ami Bruce Springsteen donnait en cette bonne vieille ville de Genève en ce 3 juillet, veille du 4 du même mois où il se passe ce que tu sais aux environs d’Asbury Park.

La soirée s’annonçait super donc, même sans Mick Jagger et Dylan… Faut dire que quand t’as le Boss et son putain de E-Street Band… Benh t’as besoin de personne d’autre… Non ?
Personne d’autre sur scène, s’entend, parce que si rien n’est plus vrai que l’adage qui affirme qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné, il est tout aussi vrai qu’il est des moments qu’il est doux et bon de partager avec une personne de bon aloi… Et de bonne compagnie par extension… Et en la matière, il est peu de dire que le Ytse a été gâté puisqu’il a eu la chance, l’honneur et le reste de pouvoir assister à ce concert mémorable en compagnie de l’excellent Mr. T…..
Je précise qu’il ne faut voir derrière cette anonyme initiale ni l’impayable interprète du rôle de Barracuda dans cette inoubliable série américaine, et encore moins le Mr. T. que je te causais tantôt et dans lequel il m’a été rapporté que quelque mou de la coiffe se serait reconnu dans son inaltérable soif de reconnaissance… Mais passons…
Non… Le Mr. T….. que je te parle ici, est un inestimable camarade, flibustier au long court et au grand cœur qui me fit l’honneur, le truc et le machin de bien vouloir quitter son port d’attache pour s’en venir tirer quelques bordées de par chez moi avec le Boss en ligne de mire du haut du nid de pies, mais aussi l’idée de passer quelques bons moments entre gens de bonne compagnie. Et ainsi fut fait…
Je ne m’attarderai pas sur nos inestimables échanges qui ne te regardent en rien vil curieux que tu es mais qu’il soit ici remercié pour ces quelques heures et son inestimable petit présent… Un grand seigneur que j’aurais grand plaisir à revoir…

Mais revenons à nos moutons et au concert du Boss. Alors moi, tu me connais ? Grand fan du Monsieur depuis lulurre et pour toujours. Parce que j’aime ce mec que je convierais sans hésitation dans mon bistrot préféré si le préalable à fréquenter ce type d’établissement n’imposait pas un regrettable passage de vie à trépas pour la personne en question. Qu’il sache simplement qu’il a sa place réservée, qu’il pourra y causer musique avec de nombreux autres zicos trop tôt disparus, mais que je souhaite l’y retrouver le plus tard possible bien évidemment.
J’ai toujours aimé Springsteen que je considère comme l’un des plus grands Songwriters de langue Anglaise de tous les temps et même au-delà. D’ailleurs, si tu n’avais pas une mémoire de bulot ou disposais d’un peu de courage pour remonter le fil de mes petits papiers, tu te souviendrais de cet article-hommage que je pondis tantôt à son sujet… Tu te souviendrais aussi d’un autre article à la gloire de Mon Amérique à moi ! Celle que j’aime… Celle de Springsteen justement et que je décrivais alors comme : « une Amérique un peu bancale, désabusée…le pied d’Argile du supposé Colosse… La Banquette arrière d’une Pontiac, le fantôme de Tom Joad, l’Aurore qui se lève sur un port du New Jersey… ».  Cette Amérique des chemins de traverse, bleds écartelés à tous les vents, une éolienne de fer rouillé qui grince dans le souffle des Dust Bowls, petits tableaux que le boss sait te dépeindre comme personne… Enfin, tu vois ce que je veux dire hein ? Malgré ton air bête et ta vue basse…
Donc le Boss que j’aime et admire mais que je n’avais jamais encore vu sur scène alors même que tous les connaisseurs te disent qu’un concert de Springsteen… Benh c’est quelque chose entre le must du must et la crème de la crème… Autant te dire que j’attendais beaucoup et même plus de cette soirée… Et le moins qu’on puisse dire… C’est que je n’ai pas été déçu… Oh que non… Oh putain… Mec… Quand t’as vu Springsteen… Benh tu peux mourir… Ouaip ! Le plus tard possible certes, mais au moins t’auras connu ça… Ce moment pur, parfait, fragile… Le putain d’état de totale grâce…

Parce que bien au-delà de la qualité des Chansons, bien au-delà de l’excellence des musiciens qui l’accompagnent, bien au-delà du charisme de ce mec… Ce qui fait la différence c’est que tout Boss qu’il soit, tout Bruce « Fucking » Springsteen qu’il soit, c’est-à-dire un gazier qu’a roulé sa bosse Rock’n’rollesque d’Ouest en Est et du Nord au Sud depuis quarante putains d’années et écoulé plus de 120 millions d’albums… Bref, un mec qui n’a plus rien à prouver… Ce même mec se pointe sur scène en te donnant l’impression qu’il prend plus de plaisir à être là que toi d’y assister alors que tu es en train de prendre un pied terrible… C’est tout juste si il ne te ferait pas croire que c’est lui qui est venu te voir plutôt que l’inverse…
Le mec se donne pendant plus de trois heures, passant le plus clair de son temps au contact des chanceux du premier rang, serrant des paluches mieux que notre bon vieux président Chirac au Salon de l’Agriculture, faisant monter des fans sur scène pour chanter avec lui… Comme ce gamin de quoi ? Six ou Sept ans avec qui il a chanté le refrain de “Waitin’ on a Sunny Day”,… Putain le minot… Le souvenir que ça va lui faire…
Et que dire du désormais fameux rituel qui le voit prendre les pancartes que lui tendent les fans pour lui réclamer telle ou telle chanson et le boss de montrer ladite pancarte à ses musiciens qui envoient la sauce…
Putain, là, alors que j’écris ces lignes pour ton édification, j’en ai encore des frissons et les larmes aux yeux tellement c’était bon…
Quoi ? Tu dis ? La Setlist ? Ah oui… Benh que du bon… Hein… Que veux-tu ?

On commence avec le récent « Shackled and Drown » pour ensuite balayer l’ensemble de la carrière du maitre, au gré des demandes des fans et des envies du Boss… “ Badlands”, “Death to my Hometown”, “Out in the Street”, “Hungry Heart” (Yes !), “Candy’s Room”, “She’s the One”, “Because the Night” (Re Yes !!)… Tiens en parlant de « Because the Night »… Le solo de ouf de l’ami Nils…
Un petit détour par « Spirit in the Night » et « Frankie » puis vient… « The River »… Tu vois, rien que pour entendre cette putain de chanson, rien que celle-là, j’aurais payé ma place. Je veux dire, quand j’affirme que Springsteen, est un des meilleurs songwriter of all times et que tu ricanes bêtement en te disant que le Ytse il exagère comme d’hab’, qu’il dithyrambe à tort et à travers… Benh pose une oreille sur ce putain de chez d’œuvre… Putain… J’en ai presque chialé d’émotion.
Ça continue avec « Youngstown », « Murder Inc. », « Darlington County » (Re-re-Yes !!!), « Working on the Highway » (Re-re-re-Yes !!!!), “Bobby Jean” (bon benh Yes, mais Yes quoi !)… le “Waitin’ on a Sunny Day” que je te causais plus haut, “The Rising” et un “Land of Hope & Dreams” dédicacé à Nelson Mandela pour le énième moment d’émotion de la soirée…
Un faux départ, puis retour du Boss au Piano pour « The Promise » bientôt rejoint par le reste de la troupe qui défouraille le triptyque « Born in the USA », « Born to Run » et « Dancing in the Dark » avec sa traditionnelle kyrielle de Courtney Cox en herbe qui viennent se déhancher aux côtés du Boss. On finit sur « 10th Avenue Freeze out » et le sautillant « American Land »… Exit le E-Street Band pour en terminer par une dernière chanson, guitare électro-acoustique et harmonica de sortie, pour le magnifique « Thunder Road » qui prouve si besoin était que… meilleurs Songwriter blablabla, il n’y a pas à y revenir et je n’y reviendrai pas et j’emmerde ceux qui ne seraient pas d’accord…

Et puis le maitre salut une dernière fois puis se retire la guitare à la main pour s’en aller enchanter une autre bandes d’enfoirés que je déteste déjà de m’avoir pris mon Boss à moi…
Alors petit à petit la foule se presse vers la sortie… Et moi je vais te dire, moi qui, à l’instar de l’ami qui m’accompagnait, n’aime pas trop les troupeaux populaciers, benh là, no problemo… On marche portés par le flot de cette marée humaine qui nous emporte hors du stade et on plane encore et toujours… Putain les mecs, rien qu’à voir les sourires sur les visages des uns et des autres tu te dis qu’un concert du Boss ça devrait être d’une part obligatoire et d’autre part remboursé par la sécu (ou la Lamal comme on dit puis en terre d’Helvétie).
Nous nous voyons bientôt arriver au port où nous avions laissé nos vaisseaux respectifs… J’admire une dernière fois la magnificence de la subtile teinte gris-marron (sic) du navire de mon ami, couleur judicieusement choisie par Madame T….. (Pas la digne épouse de… et encore moins celle de… mais la Fiancée du Pirate…le seul l’unique.). Un forban (arfff) qui ne tarde pas à plonger à fond de cale pour en ressortir avec un petit présent à mon attention que j’apprécie à sa juste mesure et pour lequel je le remercie encore et encore… Serrage de paluche et nous appareillons chacun de notre côté pour regagner nos foyers chéris…

C’était hier… 3 Juillet 2013… Une journée qui restera dans ma mémoire. Merci ami T..... Et surtout merci Bruce (tu permets que je t’appelle Bruce ?), Merci, Merci, Merci… The Boss is the Boss, from California, to New York City, from the Red Wood Forest to the Gulf Stream Waters et même ailleurs dans le vaste univers… Rock It !

mercredi 19 décembre 2012

Faut-il tuer les petits garçons qui marchent dans la mer ?


Bonjour ami lecteur. Tu te rappelles sans doute, malgré ta mémoire de bulot, de mon excellent article, sobrement intitulé Buffalo Bide, dans lequel je te contais mon Amérique à moi. Tu te souviens donc qu’entre autres considérations toutes plus pertinentes les unes que les autres je te disais mon admiration pour quelques enfants de ce charmant pays… Tu vois de quoi je parle ? Non ? Tant pis… Bref, il y a déjà quelques années, j’avais pondu un petit texte pour rendre hommage à un petit gars que j’aime énormément… Et comme je t’aime bien, je te le restitue ici après l’avoir un peu retravaillé… Allez suis-moi… Je t’emmène en voyage…

Pour commencer, une plage… Une plage américaine avec sa promenade en bois et un sable doré que viennent caresser les vagues de l’Atlantique… East Coast donc… C’est bon ? Tu mords le tableau malgré ton imagination en déshérence ? Oui… Alors on continue…
Sur la plage, un homme est assis, un carnet sur les genoux, il écrit... D’une écriture hâtive, presque nerveuse, il noircit du papier… Il n’en est qu’au début du roman mais il sait déjà qu’il s’apprête à mettre deux/trois coups de pieds dans les burnes de ces abrutis bronzés de Californie qui inlassablement lui retournent ses scenarii comme autant de fins de non-recevoir…
De son roman en gestation, il connait aussi le titre… Un titre puisé dans ses souvenirs d’outre-atlantique quand il s’ennuyait ferme sur les bancs d’une Sorbonne qui n’avait pas encore hissé le drapeau rouge, ni commencé à dépaver la moitié de paris… The Deer Park… Que ça va s’appeler… et ça va faire mal…
A un moment donné, il relève la tête pour reposer son poignet endolori… Il regarde la mer…
Le flux et le reflux qui viennent presque baigner les pieds d’une jeune femme… Prêt de la femme : un enfant qui joue… Juste un enfant comme tous les autres sur toutes les autres plages du monde et de son immédiate périphérie… Un enfant avec sa pelle et son seau…
L’enfant relève soudain la tête à son tour et leurs regards se croisent… Mailer sourit… L’Enfant lui répond en faisant de même… Mailer lève la main et lui adresse un petit salut… L’enfant lui répond encore… La femme se retourne et regarde avec un brin de défiance cet homme dans la trentaine qui contemple son fils avec un air un peu bizarre… Imperceptiblement elle se rapproche du gamin… La louve en action… Prête à mordre qui en veut à sa progéniture… Alors Mailer baisse les yeux et revient à son ouvrage.
Il relit ce qu’il vient d’écrire… C’est du tout bon… Ce sera son troisième bouquin et il espère bien que ce sera le début du commencement d’un certain succès… Pas qu’il soit vaniteux, mais il a des choses à dire et il aimerait qu’elles ne tombent pas toutes dans l’oubli dans les arrières boutiques crasseuses de librairies encore plus miteuses… Ca bouillonne de partout sous sa calbombe et si il ne laisse pas s’échapper un peu de ses idées tempétueuses,  il va se faire péter une durite ou un truc du genre mais en pire…
Une ombre se profile au-dessus de lui… Petite… courtaude… Agitée… Il lève les yeux… C’est le gamin… La mère est juste derrière… Un peu anxieuse… Elle pose sa main sur l’épaule du gosse… Doit avoir dans les 4 ou 5 ans le minot…
-          Tu fais quoi M’sieur…
Demande le gosse avec cet accent caquetant du New Jersey qui fait que Mailer ne peut s’empêcher de superposer l’image de Donald Duck à celle du gamin en Bermuda et tee-shirt blanc.
Mailer, sourit de nouveau :
-          J’écris…
-          T’écris quoi ?
-          Un livre…
-          Ça parle de quoi ?
Là Mailer se sent un peu dans la merde étant entendu que le sujet de son livre ne saurait se discuter avec un enfant de cet âge… Surtout pas avec la mère juste derrière que même si elle parait s’être radoucit n’en continue pas moins de lui jeter des regards suspicieux… Encore moins dans ce début des années cinquante encore très puritaines dans cette Amérique d’après-guerre…
-          Heu… De moi… Un peu… De la Californie aussi… Tu connais ?
-          Non – répond le gosse en se grattant les couilles à travers le tissu épais de son bermuda – J’peux voir ce que tu écris ?
Mailer commence à paniquer un brin… Alors il tente le coup de poker :
-          Tu sais lire ?
Le visage du môme s’illumine. Il se retourne vers sa mère et se met à farfouiller dans le grand sac de plage que la femme porte à son bras droit. Il en extirpe un livre pour enfant en piteux état… Un de ces bouquins présentant chaque lettre de l’alphabet avec un mot qui lui est associé… Le petit l’ouvre au hasard.
-          « C »… Cat… - claironne-t-il fièrement…
Mailer hoche la tête.
-          C’est bien…
-          « D »… Dog… « E »… Elephant… « F »… Fox…
Mailer lève la main.
-          C’est bon… C’est bon tu sais lire… Je te félicite…
Le gamin tend alors une main preste vers le cahier que Mailer a posé à côté de lui pour s’adresser au gosse.
-          Alors tu me donnes ton livre ?
-          Bruce chéri – Intervient la mère – Laisse le Monsieur tranquille… Il faut y aller…
« Oh pitié oui… » Pense Mailer…
-          Mais je veux le livre du Monsieur – Insiste le garnement.
Mailler pose une main protectrice sur le précieux cahier lorsque soudain lui vient une idée. Il se penche vers le sac à dos posé à ses pieds et en extirpe un livre au format poche… Un ouvrage qui semble avoir vécu une belle vie de livre lu et relu… Couverture écornée et quelques feuillets tout prêts à se faire la malle à la première seconde d’inattention du propriétaire… Mailler tends le livre à l’enfant :
-          Tiens… Prends celui-là… Il est mieux…
Bien sûr, c’est la mère qui prend le livre et le regarde… « Les Raisins de la Colère »… Elle s’apprête à le rendre à l’homme mais le petit est plus prompt et se saisit du bouquin… Il le feuillète rapidement puis avec une moue un peu dégoutée lâche :
-          C’est nul… Y’a pas d’images…
-          Bruce ! Tance la mère…
Mailer lève la main en signe d’apaisement…  L’enfant fait de nouveau tourner les pages rapidement puis demande :
-          C’est toi qui l’as écrit Monsieur ?
Mailer sourit… Il aimerait bien… C’est sûr… Putain oui…
-          Non… C’est un autre Monsieur…
-          Ah – se contente de dire l’enfant…
La mère se baisse pour se mettre à hauteur de son fils.
-          Allez rend le livre au Monsieur… Tu as vu… C’est un livre pour les grands…
Le gosse sert le livre sur son cœur et toise sa mère avec défi :
-          Non ! Je le garde… Je le lirai quand je s’rais grand !
La mère se tourne vers Mailer…
-          Je suis désolée… Je…
-          Ce n’est rien… Il peut le garder… Il le lira plus tard comme il l’a dit… C’est un bon livre… Un très bon livre…
La femme hoche la tête. Elle se relève puis prend la main de son fils…
-          Allez… On doit y aller maintenant…
Elle fait un pas de côté puis commence à partir en direction du petit escalier qui remonte vers la promenade. Le petit la suit…
Mailer les regarde s’éloigner… Il s’apprête à tourner la tête pour revenir à son roman lorsque le gamin l’interpelle :
-          Hey M’sieur… Comment tu t’appelles ?
-          Norman… et toi c’est Bruce… C’est ça ?
-          Oui… R’voir M’sieur…
-          Au revoir petit…
L’enfant repart, tracté par sa mère qui accélère le pas. Alors Mailer reporte son regard vers l’Océan… Et les vagues qui inlassablement ballaient ce petit bout d’Amérique… Cette plage de Long Branch aux confins du New Jersey…

mardi 6 novembre 2012

Buffalo Bide


Bonjour cher lecteur…  Bon, benh ça y est, ce blog a délaissé les Strass et les Paillettes pour redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un vague murmure aux confins de la Blogosphère… Loin des cris et de la fureur… un simple bruit de fond à peine audible…
Tiens, je vais même te dire, à l’heure de choisir le premier sujet de cette nouvelle ère Ytsejamienne, pour une fois…une seule… je m’en vais ne pas nager à contre-courant et bêler confortablement avec le troupeau en te parlant de l’Amérique… Oh pas celle que toute la clique journaleuse nous raconte à tort et à travers en ce jour d’élection…Non… Une Amérique bien plus modeste… Mon Amérique à moi…
Mes petits bouts d’Amérique, parcellaires, dispersés, comme des éclats de noix de pécan à la surface d’un cookie… Mes Eclats Unis d’Amérique en somme… Ça te va ? T’embarque avec moi pour l’Amérique selon Ytse…

Alors tout d’abord et comme pour beaucoup, l’Amérique du Ytse n’a été qu’un concept abscons, un pays imaginaire compté dans des chansons, découvert au détour de pages dévorées avec avidité, et surtout, un pays entraperçu sur des écrans larges ou dans des petites lucarnes.
Mon premier contact avec l’Amérique fut donc culturel… Oh, j’entends déjà gronder le chœur des apôtres de l’exception culturelle de mes deux… Je les entends ronchonner et  marmonner leurs petites ritournelles malsaines à propos de sous-culture de masse et d’impérialisme… Benh oui…oui mais non…
Parce que mon Amérique à moi, c’est celle de Hopper, de Millet et dans une moindre mesure de Warhol et Basquiat… C’est l’Amérique disjonctée de Tarantino… Les films de Allen… C’est une silhouette en imper et chapeau mou, une cigarette au bec, dans le contre-jour d’un réverbère anémique… C’est l’élégance paroxysmique d’un Don Draper… Des images plein les yeux… et l’envie de connaitre, forcément…
Et moi, tu me connais, les bouquins et la musique… toujours et encore… jamais rassasié… Et donc, cette Amérique selon Ytse c’était aussi la plume hallucinée d’Easton Ellis, les cauchemars de Lovecraft, le vol d’un corbeau par une nuit de Décembre, et Twain, et le Walden de Thoreau…Et Paul Cheyney découvert grâce à tonton Fredo… Cheyney qui conduit à Spilane… et Fitzgerald et Hemingway… et Steinbeck… Sarabande de mots comme autant d’invitations au voyage… à la découverte… A l’ouest on dirait bien qu’il y’a du nouveau… Faut aller voir…
Surtout que musicalement… Là… Benh on s’en prend plein les esgourdes… Alors le Blues et le Jazz bien sûr… Des bords du Mississipi au fin fond des Bayous… Memphis, Chicago, New York… Pas encore la chaleur des Blues Bars… Mais des milliers d’heures de Twelve Bars… Mon Amérique c’est celle de Springsteen, une Amérique un peu bancale, désabusée…le pied d’Argile du supposé Colosse… La Banquette arrière d’une Pontiac, le fantôme de Tom Joad, l’Aurore qui se lève sur un port du New Jersey… et quand on aime le Boss… on découvre soudain Woody Guthrie au détour d’une rime… alors on jette une oreille aussi… Une autre Amérique… Des rails se perdant dans la poussière d’un horizon lointain et que l’on suit jusqu’à la prochaine ville où il y aura peut-être du travail… des pommes à ramasser… le foin à rentrer…
Mais je te vois là qui dodeline… Tu t’endors mon biquet... Ma prose te soporiphise…  Alors laisse-moi te réveiller avec mon Amérique cinglante et tonitruante… Le hurlement des Harley et des tonnes de décibels crachés par les guitares saturés et les gosiers chauffés à blanc des dieux du Métal… Mon Amérique… Celle de mon Adolescence… De Skid Row, Guns ‘n Roses, Metallica, Anthrax, Slayer… Pour le Direct du droit dans la face… Celle de Death, Queensryche, Fates Warning, Dream Theater… pour les structures plus alambiquées… Celle de Journey, Asia, Toto… Lorsqu’il faut se reposer un peu les tympans… et l’envie toujours plus forte d’aller écouter ça in-situ…

Tout ça pour te dire, ami lecteur, que lorsqu’enfin je posais le pied sur le sol Américain, lorsque les bons soins d’Air France me déposèrent à Washington-Dulles… Je pensais savoir à quoi m’attendre…et quelque part, c’est vrai que mes promenades dans la Capitale me menèrent d’abord en terre connue, Wall of DC, le Capitole, la Maison-Blanche… avant que je m’aventure hors des sentiers balisés par les souvenirs des films et séries qui me servaient de guide touristique… Le Smithsonian Institute… Extraordinaire ensemble de Musées…Entièrement Gratuits ! Quand le Mécénat met la Culture à la portée de tous… Washington et la Virginie donc pour un premier contact…
Avant de revenir… New York ! Manhattan ! Là, dès l’Aérogare, j’ai senti le choc… quoique non… Le choc il vint après… Dans le taxi conduit par un Haïtien tout heureux de jacter en Français… Le choc, ce fut la découverte soudaine d’un skyline de légende surgit de la brume d’un après-midi d’automne…
Depuis, j’ai fait souvent l’aller-retour… Douze fois, si j’en crois les tampons sur mon passeport… Et mon Amérique fantasmée s’est faite plus concrète…
Mon Amérique, à présent, ce sont des lieux toujours magiques… Manhattan bien sûr… J’ai marché Madison, la 5ème et Central Park… et j’ai presque découvert que le monde avait trois dimensions… J’ai appris la verticalité… Mon Amérique, c’est un Bagel acheté au coin de Park Avenue et partagé avec ma douce sur un banc de Central Park… C’est Broadway et ses Musicals… C’est des soirées au Terra Blues… Une messe à Saint-Patrick…et la Saint-Patrick tout court d’ailleurs… C’est le Moma, mais surtout la Frick Collection…  
San-Francisco aussi, quand les lumières de la ville s’éteignent et que le soleil éclate sur la baie…Market Street, Presidio, Twin Peaks…et Le Castro !
Et Cleveland, la mal-aimée, la mal-connue… Les rives de l’Erié… Le Canada de l’autre côté… L’automobile en crise… Cauchemar on Main Street… Main Street contre Wall Street… Cette Amérique est de Gauche…
Douze fois déjà que j'ai traversé l'Atlantique… et que de rencontres !

Parce que au final, mon Amérique ce sont aussi tous ces gens…en chair et en os… pas les fantasmes imbéciles et les généralités rastèques des mous de la coiffe qui s’arrêtent à la surface des choses… Les ceusses qui te parlent des Américains sans jamais avoir mis les pieds là-bas… Oh, des côtés sombres, les Etats-Unis en ont pleins… Mais ce n’est pas comme si nous, les Français, citoyens de la vieille Europe, ont étaient tout bien, tout blanc… Mais je m’égare là… Je te parlais de mon Amérique à moi… Pas celle des journaleux idiots qui servent la soupe aux blaireaux… Et mon Amérique donc, c’est surtout toutes ces rencontres, Jack, Bill, Bob, Melissa, Suzanne, Jim… et tant d’autres… Quelques anonymes aussi… Au hasard d’un café pris au coin d’un bar dans un Aéroport… dans le Lobby d’un hôtel… Des vrais gens avec une vraie vie… Des gens normaux n’ayant sans doute rien d’exceptionnel… Des gens extra-super-ordinaires quoi… Comme moi… Comme toi peut-être ami lecteur…

Bref, je pourrais sans doute en écrire encore et encore sur le sujet, te parler de mon Amérique pendant des heures… Mais je voulais aussi te laisser la place… T’as peut-être toi aussi des choses à dire…  

Mais avant ça: une dernière chose…
Demain matin… nous nous éveillerons dans notre bonne vieille Europe…et peut-être que pour la deuxième fois en 4 ans… le soleil se lèvera à l’Ouest…