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mardi 27 mai 2014

Tire m'en deux, c'est pour offrir.

Bonjour ami lecteur, voilà l’été qui s’en vient… Pas encore tout à fait là… Mais pas loin… L’été donc, et avec lui et comme chaque année, l’approche de l’échéance fatidique pour les p’tits djeuns qui passent le bacho… Et parmi eux, cette année, y’a le fiston… Raison de plus pour s’intéresser à ses notes, histoire de s’assurer qu’il expédiera les affaires courantes et obtiendra le fameux diplôme qui ne sert à rien d’autre que de permettre de passer à la suite… Après ça, encore quelques années en études sup’… Pis au taf… Des fois qu’il penserait continuer à glandouiller peinard aux frais de la princesse…

Alors, voilà, faut bien avouer que, quoi qu’on en dise, benh on se la joue toujours un peu vieux con dans ces cas-là et qu’on lui passetonbacdabordise un peu les esgourdes… Comme nos parents l’ont fait avant pour les nous qui sommes passés par là… Et dieu sait que ça me gonflait à l’époque le regard paterno-maternel par-dessus mon épaule pour voir si je buchais bien mes Dérivées, mes Réactions Acide-Base et autres joyeusetés dont l’honnêteté me pousse à dire qu’elles ne m’ont pas servi depuis… Mais faut bien avouer que sans la relative férule parentale, y’aurait eu plein de trucs et de machins pour me distraire du droit chemin… Mais bref…

Donc le minot qui passe son bac et moi qui m’en viens l’espionner par le truchement de ces sites académiques qui sont mis à la dispose des parents en mal de contrôle sur leur progéniture… Vous connaissez peut-être… Vous connaissez surement si vous êtes vous-même parents d’un ado plus IPhonophile que studieux… Le genre de site où tu te connectes et ont te dit tout voir même plus sur ce que ton lardon fait au lycée, ses notes, ses absences, les avis des uns et des autres… Comme ça… En direct live comme dans la pire des émissions de téléréalité…
Qu’avant, fallait attendre le bulletin pour que tes parents soient avertis de tes frasques… et encore, j’en sais qui arrivaient à le bidouiller pour effacer ici une retenue, là une appréciation attentatoire…
Mais de nos jours… En continu que tu peux suivre ton marmot… Big Brother is watching the kids…
Bientôt, tu verras, te mettront des web-cam dans les classes… L’auraient déjà fait s’ils ne craignaient pas que les syndicats d’enseignants montent au créneau en descendant dans la rue…
Et tu peux être certain que y’aura tout un tas de crétins pour s’en aller se connecter pour mater leur rejeton… Tu me crois pas ? Tu penses que j’exagère ? benh pense plutôt à tous les malades qui foutent ces mêmes web-cam dans leur propre bicoque pour s’assurer que leur femme de ménage ne s’endort pas sur son balai…
Bref, je me baguenaudais sur le site en question en me faisant les réflexions que je te livre ci-dessus et du coup, j’ai éteins la bécane… Non sans avoir noté au passage que le petit saligot ferait bien d’avoir une explication convaincante pour justifier son 9 au Bac Blanc de Physique-Chimie…

Je me suis déconnecté donc en me traitant d’infâme pour avoir succombé à la tentation et j’aurais bien demandé à qui vous savez de me délivrer du mal si je l’avais eu sous la main… Parce que bon, faut bien avouer que le progrès ceci, la technologie cela… Ca a du bon et même beaucoup… Mais si t’y prends pas garde… Ça peut vite de péter à la tronche… Notamment toutes ces techniques qui permettent de te suivre à la trace à chaque instant, quoi que tu fasses, où que tu ailles… Y’a toujours un truc qui signale ta présence : ton propre portable, le GPS de ta bagnole, les Web-Cam dans les rues, tes paiements par carte bleue… etc… Faut faire ‘achement gaffe… Même si t’as rien à te reprocher…  N’importe qui pourra s’en servir contre toi… Ton boss, ta femme, tes gosses, tes amis, ta famille… Impossible d’y échapper…
Impossible de te planquer… Même quand t’essaies de nager sous la ligne de flottaison à l’intérieur de la foule comme chantait qui tu sais…  Repéré tu es !
A la limite, j’vais dire, c’est pas tellement le fait d’être tracé en permanence qui est problématique… J’veux dire, au bout du bout de la fin de la fin… J’fais ce que je veux et j’emmerde ceux que ça défrise… Non… J’crois que ce qui me désole, me fait du chagrin, c’est que toutes ces techniques sont autant de palliatifs électroniques à l’une des composantes des relations humaines les plus basiques : la confiance…

Confiance en ton marmot quand il te dit que tout va bien à l’école, confiance en ta femme quand elle te dit qu’elle travaille tard ce soir pour boucler un truc quelconque, confiance du patron en son employé itinérant… etc… etc… Finit tout ça… Plus besoin… T’a qu’à te connecter sur tel ou tel site et tu pourras suivre les notes de ton rejeton, les déplacements de ta femme ou de tes employés... Tout ce dont t’as besoin pour être tout bien pleinement certain que l’on ne te fait pas des enfants dans le dos…
Pourquoi faire confiance quand y’a qu’à vérifier ?
Bon, j’sais bien que la confiance n’exclut pas le contrôle… C’est vrai… Mais y’a des limites audit… Alors que maintenant… C’est le contrôle permanent ! H24… 365 jours par ans et 1 de plus les années bissextiles…

Mais j’vais dire un truc mon gars : la plupart… C’est bien fait pour leur gueule… Parce que non contents de se faire pister à l’insu de leur plein gré, ils en rajoutent des mille et des cent… Et que je te raconte combien que je m’éclate au Sénégal ou ailleurs, sur ma page Facebook, et que je te tweet comme quoi là tout de suite maintenant, j’suis en train de manger un Big Mac au MacDo de la place bidule… Instantanés de leurs pauvres vies de merde dont on a strictement rien à foutre mais qu’ils tiennent mordicus à te faire partager… Avant, dans les jadis, de temps en temps t’avais cet ami douteux qui te faisait tartir avec ses photos de vacances… Et tu savais comment y couper en prétendant une bière sur le feu ou un truc urgentissime à faire… Mais maintenant macache… Tu peux plus y couper… A grand coup d’alertes email qu’ils se rappellent à ton bon souvenir pour que tu t’en viennes consulter leurs pages… Que si jamais tu ne le fais pas… Ils le savent avec leurs statistiques de merde… Et ils te poursuivent jusqu’à ce que tu cèdes et t’en viennes poster un commentaire ou deux sur leur mur de mes belles deux…
Ils se selfient dans tous les endroits, dans toutes les positions, bien te montrer comment que leur vie est belle… Bientôt, je te l’annonce, y’en a qui se selfieront en train de chier… Juste histoire de bien te montrer comme quoi tout va bien pour leur transit… Et hop, une p’tit selfie par ci et un p’tit selfie par là… Tire m’en deux, c’est pour offrir.

Oh, j’t’entends bien rire sous cape, toi, là dans le fond avec ton air bête et ta vue basse… Tu te dis que le Ytse il déparle à fustiger les uns et les autres alors que lui-même il s’épanche sur tout et rien sur son blog… Ouaip… Pas faux dans un sens… D’une certaine façon, je déballe mes pensées profondes comme d’autres montrent leur cul ou leurs ballades en Espagne, en Grèce ou en France… L’hiver à Avoriaz, le mois de Juillet au Club…
Mais moi je dis… Pas pareil… Différent même…  Pourquoi ? Parce que… Parce que… Parce que c’est pas la même chose et pis c’est tout… J’veux dire, si d’aventure, qu’à dieu ne plaise, je me selfiais au col de machin truc sur ma bécane, cheveux au vent dans le soleil qui poudroie et l’herbe qui fait j’sais plus quoi… Superbe photo, tout bien… Benh, il te resterait plus qu’à prendre ta bécane, grimper ce même col et prendre la photo ad-hoc… Rendant par le même coup la mienne un peu moins particulière… Tandis que pour pondre des pensées aussi pleines de sagesse et de tout le reste que celles dont je te fais ci-devant offrande… Tu peux toujours te l’arrondir… T’es pas équipé… Enfin… Pour la plupart d’entre vous… Hein… Y’a quelques exceptions qui se comptent sur les doigts de la main d’un lépreux en phase terminale…

Enfin bref, je vais pas te la jouer pleureuse à me lamenter sur le bon vieux temps qu’était mieux et autres conneries du genre… Ces technologies ne portant intrinsèquement en elles pas d’autre mal que le mauvais usage que l’on peut en faire… Il ne tient donc qu’à nous… Hein… Tu penses pas ?

Non ? Tu m’étonnes… Mais pas grave… Prends ton temps… Réfléchis-y et tu me dis quoi quand on se revoie… Là… Je n’ai pas trop le temps… Faut que j’retourne voir les notes du fiston… Son 9 en Physique ne me dit rien qui vaille. 

vendredi 12 avril 2013

L'Archipel des Malotrus.

Bonjour ami lecteur. Peut-être fais-tu partie de ceux qui m’accompagnent depuis le début de mes errances bloguesques. Peut-être fais-tu partie des quelques rares avec qui j’ai vogué de conserve sur ces océans inhospitaliers. Ou bien au contraire, peut-être fais-tu partie de tous ces biens plus nombreux sinistres fâcheux qui écument la toile, rependant leur venin aux 4 coins de nos écrans…  Qu’importe… Dans un cas comme dans l’autre tu auras noté que je me faisais rare. Et dans un cas comme dans l’autre tu auras vainement sondé l’horizon tentant désespérément d’apercevoir les fières voiles de mon glorieux vaisseau en te tordant les mains.
Ne cherche plus ! J’ai jeté l’ancre. J’ai regagné mon port d’attache et m’en suis retourné plein d’usage et raison dans mon havre personnel.

Ah qu’il est doux et bon de vivre entre ses parents, ses amis, ses frères de la côte et de ne plus subir l’enfer de côtoyer les Autres. Ne plus les entendre geindre, ne plus les voir baver, ne plus les lire surtout. Ne plus se voir imposer l’insoutenable vision de leur bassesse et, pourquoi le taire, de leur toute belle et insondable connerie.
Oui, il est doux et bon de revoir son petit village et de s’y reposer à l’écart du reste du monde.
Même si ce n’est qu’illusion… Même si je m’exilais vraiment sur une quelconque ile, ou si je m’en allais me réfugier dans les confins de mes chères vallées Alpines, je les entendrais encore. J’en suis certain. J’entendrais le murmure de la conversation de ceux qui ont des opinions et tiennent à les exprimer. Ce qui serait sans doute juste et bon si la grande majorité desdites opinions ne portait pas en elle les fruits vénéneux de la haine et de la jalousie mesquine, tout boursouflés de la démesure d’un égo surdimensionné. Un son diffus qui blesse mes oreilles pire que le 
hurlement de tous les damnés de la terre ou du ciel.
Parce que toujours ils sont là à fomenter des Manif’ pour Tous pour s’en aller bêler contre les droits les plus élémentaires de ceux qui ont pour seul défaut de ne pas faire partie du troupeau. Alors faut qu’ils défilent de Bastille à Nation pour hurler leurs slogans misérables ! Manif’ pour tous les cons oui !

Impossible d’être sourd à leurs navrantes complaintes que les techniques modernes diffusent, répercutent, amplifient. Mais que faire ? Crier ? Hurler ? S’égosiller ? S’armer d’un porte-voix et tenter de percer le brouhaha commun pour faire entendre la voix de la raison ? Pure perte !
Ils sont plus nombreux et ils gueulent plus fort…
Non. La solution ? Murmurer ! Parler bas ! Tenter de se faire entendre en occupant une autre place dans le spectre sonore ! Soliloquer ! Parler tout seul et tant pis s’ils nous prennent pour des fous. L’Ile déserte je te dis ! Avec les alizées qui emportent ta voix…
Mais attention, baisser la voix peut-être… Mais ni pavillon ni les bras et encore moins la tête ! Hisser les couleurs, le noir de la révolte bien sûr… Lever le poing, un doigt tendu bien haut… Redresser la tête…
Ecrire aussi. Ecrire surtout. Laisser une trace. Quelques octets perdus dans l’infini de la Toile. Un petit rien. Une broutille dans les zillions d’ordures qui s’étalent chaque jour sur nos écrans par le truchement d’Internet. Tant tellement que les défilés débiles de quelques mous de la coiffe dans les rues de nos villes ne sont sans doute qu’un moindre mal.

Internet et ses réseaux sociaux, ses blogs, ses forums. Ces agoras virtuelles où tout un chacun peut s’exprimer dans une quasi impunité. Internet. Où des marchands du temple monnayent ton temps de parole mon pote lecteur. Ils vendent tes clics et tes claques. Te mesurent le nombre de pages que tu lis… Te demandent même d’Aimer ou de Ne pas Aimer, mais de le dire, de l’affirmer, au vu et su de tous, surtout des annonceurs. Le Visiteur Unique de mes belles deux est l’unité de mesure du succès. Alors faut attirer le chaland… Qu’il vienne, qu’il voit, qu’il poste… et surtout… Qu’il reste ou qu’il revienne ! Quitte à le laisser dire tout et n’importe quoi…
Oh, il nous l’avait bien dit l’ami Audiard. Il nous l’avait même prédit en bon visionnaire qu’il était ! Les cons… Ca osent tout… Alors quand internet leur facilite la vie… C’est la fête au village… Ils se lâchent… Etalent leur connerie aux yeux du monde et en son fier… Qu’ils crient, qu’ils pleurent, ou qu’ils s’indigent, ils finissent toujours par cracher sur leurs frères… D’une manière ou d’une autre. Tout est prétexte… La liste serait bien trop longue de toutes leurs turpitudes, de tout ce qui m’écœure. Mais là encore… Que faire ?
Répondre ? Occuper l’espace ? Débattre, argumenter, discourir ? A quoi bon ? Peuvent-ils seulement comprendre ?
Non… Là encore… L’exil ! Mon Guernesey à moi comme je l’écrivais tantôt ! Un exil actif. Se replier dans un coin de la toile et laisser libre cour à sa verve. Continuer de penser et de le faire savoir. Continuer de dire non, de dire merde !

Alors ne t’inquiètes pas ami lecteur, tu auras toujours l’heur de me lire ici… Mais plus ailleurs… Je n’irai plus servir la soupe à tous ses branquignoles… Ytse se retire en son fief... son Ile… Isolée… Perdue… Toute seule au milieu du grand océan… Surtout pas incluse dans un quelconque archipel… Et encore moins un de ceux qui rassemblent tous ces malotrus qui sévissent sur la toile.